Papier Machine est une revue imprimée qui vivote le nombril à l’air dans un monde financiarisé en faisant fi des recettes publicitaires. Ainsi, Papier Machine affirme son indépendance et se tire une balle économique dans le pied. Mais elle préfère boiter plutôt que de ramper sous les corpulents néons tapineurs du grand capital, qui de toutes les manières, n’a que faire de sa petite existence troglodyte. Et pourtant, son penchant utopiste et son instinct primaire, la pousse non seulement à essayer de survivre mais aussi, à croire que c’est possible.

Papier Machine n’existe que parce que une trentaine de personnes par numéro accepte le défi sans contrepartie financière. Papier Machine n’existe parce que ses éditeurs préfèrent leurs rêves à un travail rémunéré. Quelques fois, elle décroche une timbale institutionnelle qui lui permet d’aller faire trois fois le tour de son slip et de rêver (encore rêver) un jour à l’équilibre financier.

Papier Machine voudrait exister surtout pour et grâce à ses lecteurs, en se nourrissant tout à la fois de leur moelle, de leurs plaisirs et de leurs écus. Surtout de leurs écus, le reste ne valant que tripette aux yeux des imprimeurs.

Alors parce qu’à Papier Machine nous aimerions continuer à publier les créations hybrides et (im)pertinentes, les explorations tous azimuts qui fondent le cœur de notre aventure éditoriale, nous ne dirons plus que la chose suivant : continuer à nous lire, à parler de nous, à vous abonner (surtout à vous abonner), à abonner vos voisins, vos tantes illuminées et vos neveux rabougris, à hypnotiser votre libraire pour qu’il nous lise et nous commande.

 

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